La terre,

               

Essence de la vie de la poussière nous retournons à la poussière, mais ce passage sur terre est pétri dans mes œuvres par les doigts, les mains, tout mon  corps est en osmose avec le modèle, celui que je tiens captif de mon regard en lien direct avec mes mains, c’est un véritable corps à corps, quelque chose d’impalpable, hors du temps que seuls les 2 intéressés SAVENT pour vérité, le modèle et le sculpteur modèlerons corps tous mes sentiments, ceux que le modèle offre au regard du sculpteur et.

 

De l’amour dans ces heures passées auprès du modèle qui se livre ou non, je veux lire au fond de lui,  permettre au corps de parler aux yeux et aux oreilles de dévoiler les non dits.

Combien de bonheurs, de frustrations enfouies dans les plis et replis du corps du modèle qui apparemment est là uniquement pour POSER, non cela va bien au-delà. Chaque sculpture est une aventure couronnée ou non par le fluide qui s’est installé, tous deux nous savons – tant de retenue et pourtant c’est comme un livre ouvert c’est une offrande que ce modèle qui se plie et plonge dans mon regard pas besoin de paroles une inclinaison intérieure une conversation s’établie bien qu’il n’ait pas bougé d’un cil un don de soi, une acceptation de soi par le regard aimant du modèle une offrande.

 

Les plis et replis de l’âme, la retenue, la BEAUTE de l’homme, de l’AME, il y a du beau dans tout les rondeurs et la générosité de l’Etre, le rachitisme et le chemin parcouru et cette souffrance intérieure, les traits émaciés et cette noblesse encline à la simplicité, tout est matière à pétrir, une envie de donner vie à tout ce que l’on voudrait être mort en soi, montrer sa beauté sous toutes ces formes.

 

TOUT EST PRIMAIRE, c’est à chaque fois pour moi une renaissance et toujours un besoin frénétique de créer, peut être es ce par la frustration passée de n’avoir pas enfanter, de voir grandir l’œuvre, des rencontres qu’elle fera au cours des rencontres avec le public, des passions révélées par le toucher du public sensible à ma vision du monde, bercé et pétrie d’amour, tout est sensibilité et amour, peur de souffrance ou expiation de souffrance.

Le visage est le seul miroir de l’âme extériorisation de la vie spirituelle les rides de l’âme le poids intérieur, véritable cri de sa vérité.

 

TOUT EST SENSUALITE.

Les rondeurs le besoin de plaire, l’acceptation de son corps , ces imperfections qui en font toute la beauté, ces formes généreuses, ces seins lourds,  ces plis et replis du ventre, ces hanches larges et réconfortantes,  cette main pudique, et LE REGARD de l’autre sur soi, celui que nous sommes et celui que nous voudrions être et ce regard que j’ai tant exercé sur mes clientes qui dans l’alcôve de la cabine d’essayage ne pouvaient plus mettre entre parenthèse la sensualité qu’elles voulaient voir reconnue par le prince charmant qu’elles souhaitaient séduire, l’amour n’est pas aveugle, il existe par ce que nous sommes c’est justement par nos rondeurs, par ces petits riens qui embarrassent que la beauté EST. Et le regard qui a sans cesse mis en exergue la beauté de ces corps dans toute leurs splendeurs par ce qu’ils sont, ces facéties qui vont se transformer en regards espiègles et confiants parce qu’ils ont  juste osé d’être pleinement révélés à leurs propre regard.